|
|
|
Dans la régionale de Châtellerault-Québec-Acadie, comme dans celle de la Mauricie / Coeur-du-Québec, en l’occurrence dans le secteur Saint-Grégoire de la Ville de Bécancour, existe un passé remarquable de l’installation de familles acadiennes, en errance à la suite du grand dérangement de 1755. Voilà un patrimoine que nos deux régionales ont en commun.
|
|
|
|
|
|
|
|
RÉGIONALE MAURICIE / COEUR-DU-QUÉBEC |
|
|
|
|
|
Les Acadiens à Châtellerault |
|
Les liens entre le Châtelleraudais et l'Acadie sont multiples, d'où la présence de nombreux sites rappelant ces Français d'Amérique dans notre ville et ses alentours. En ce qui concerne le départ vers l'Amérique, il faut faire le détour par La Chaussée, près de Loudun. Mais c'est surtout, pour nous, Châtelleraudais, après le "Grand dérangement" que ces liens se sont noués. Rappelons brièvement qu'à partir de 1755, les Anglais dispersent les Acadiens présents dans ce qui est actuellement la Nouvelle Écosse. Plus de 1200 d'entre eux seront emmenés en Angleterre au début de 1756 et, après bien des péripéties, en 1773, environ 365 familles seront installés dans le Châtelleraudais. C'est sur les terres du Marquis de Pérusse des Cars, à Archigny, La Puye, proches de Châtellerault qu'elles seront progressivement installées. Avant que les logements soient construits pour l'ensemble de ces familles, une grande partie des Acadiens sont logés à Châtellerault, dans le faubourg de Chateauneuf, dont les registres paroissiaux de l'église Saint Jean l'Évangéliste garde la trace de baptêmes et de mariages. Le port de Châtellerault, très actif à cette époque et toujours conservé le long de la Vienne, a été le lieu d'arrivée de ces familles. Dans la région de La Puye et d'Archigny, se trouvent encore de nombreuses traces des maisons construites à cette époque pour loger les Acadiens. Ces maisons furent construites par des techniques venues de Normandie : non pas en pierres, mais en utilisant la bauge, ou le pisée, mélange de terre argileuse et de plantes de brance hachées. Deux de ces maisons ont été restaurées, l'une transformée en ferme-musée et l'autre en lieu de réunions et d'interprétation. Une troisième maison va être restaurée? Ayant été acquise par la municipalité d'Archigny. Chacune des maisons conservées, quelque soit son état, est signalée par une pancarte portant le nom de la famille acadienne l'ayant occupée au l8° siècle. D'autres souvenirs acadiens sont présents : l'église de Cenan, qui était la paroisse des Acadiens, l'abbaye de l'Etoile, où ils aimaient se retrouver. Enfin, à Châtellerault même, le musée municipal, dans l'Hôtel Sully, possède une section acadienne et québécoise, où se trouvent en particulier le plan originel de la ligne acadienne, c'est à dire de l'implantation de leurs maisons à l'époque et des registres de l'embarquement de beaucoup de leurs familles, en particulier pour la Louisiane; Le souvenir acadien est également marqué dans notre ville par une rue des Acadiens, une place de Grand-Pré, une rue du Nouveau Brunswick et une promenade des Acadiens. Roland Gaillon Président de Châtellerault-Québec-Acadie
|
|
|
|
|
|
Les Acadiens à St-Grégoire |
|
|
Les liens entre la France et l’Acadie débutent avec Samuel de Champlain. Partis de Honfleur en 1604, Champlain et ses marins français prennent racine d’abord à la Hève puis à Port-Royal en Acadie. Les Français adoptent ce coin de nouvelles terres et font preuve d’ingéniosité pour enrichir le sol par le système des « aboîteaux ». Malgré le ballottage des guerres entre l’Angleterre et la France, ils réussissent à prospérer et à peupler ces régions de l’Atlantique tant et si bien que l’on estime à 14 ou 15 000 âmes la population de l’Acadie en 1755. La prospérité des fermes et la vigueur du commerce font l’envie des colons anglais confinés aux régions plus arides d’Halifax et des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Lorsque la France abandonnent ses possessions en Nouvelle-Écosse, les nouveaux dirigeants anglais s’autorisent le droit de saisir ces terres. Provenant surtout de Grand-Pré, de Port-Royal et de Pisiguit, environ 6000 acadiens seront déportés sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, en Angleterre et en France. Le premier groupe d’Acadiens qui arrive dans la région de Bécancour en 1758 est composé de familles qui, réfugiées dans les bois dans la région de Miramichi, se joignent aux troupes canadiennes du commandant de Boishébert rappelées à Québec par le gouverneur Vaudreuil à l’automne de 1757. De Québec, l’abbé Leguerne les dirige vers la seigneurie de Bécancour où le seigneur de Montesson, connaissant les Acadiens pour avoir participer avec eux à une attaque contre les Anglais en 1746, accepte les réfugiés sur ses terres à l’été 1758. Ces premières familles s’établissent le long du lac St-Paul près des Abénaquis. Un deuxième groupe de réfugiés sous la direction de Michel Bergeron suit en 1764. Ce groupe a voyagé par la rivière St-Jean et Cacouna pour aboutir à Bécancour après de rudes épreuves d’endurance. Il s’établit à l’emplacement qui deviendra le village de St-Grégoire. Un troisième groupe plus nombreux et déporté celui-là sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, demande et obtient des autorités américaines le droit de rejoindre leurs familles au Québec. Il arrive à compter de 1767 et s’échelonne sur ce qui est devenu le boulevard des Acadiens et les rangs suivants. Ces nouveaux arrivants robustes et aguerris forment un solide noyau qui se démarque des habitants de Nicolet et de Bécancour auxquels il refuse de s’intégrer. Ils réclament avec force une paroisse et une identité bien à eux. Ces Acadiens tenaces obtiennent gain de cause en 1803; les autorités civiles et religieuses leur octroient une paroisse et une église bien à eux sous le vocable de Saint-Grégoire même si les paroissiens préférent le nom de « Sainte-Marguerite ». On ne peut gagner sur tous les plans! Il est difficile d’évaluer de façon rigoureuse le nombre d’acadiens accueilli dans la région de Bécancour durant ces années de mouvance (1758-1767). Les premiers réfugiés, n’ayant pas reçu l’amnistie d’Amherst, demeurent cachés et discrets; les contrats de concessions ne furent octroyés qu’à compter de 1764. La liste publiée en 1803 pour la contribution des propriétaires à la construction de l’église de St-Grégoire fait état de 303 familles soit une population de 1500 personnes environ. De quelles régions de la France provenaient ces français devenus acadiens puis québécois canadiens? Du Poitou, surtout de la seigneurie d’Aulnay et des villages limitrophes : Aulnay, La Chaussée et Mortaizé. Ils s’appelaient Béliveau, Bernard, Blanchard, Bourg, Garceau, Gaudet, Hébert, Leblanc, Poirier, Vigneault. De Saintonge, les Arsenault, Benoît, Gauthier, Richard. De la région de La Rochelle, les Aucoin, Blanchard, Cormier, Bourbeau. De la Normandie, les Hamel, Héon, Mercier, Pellerin. Le secteur Saint-Grégoire de la Ville de Bécancour conserve la mémoire du fait acadien en attribuant des noms signifiants à ses rangs, rues et boulevards : Boulevard Port-Royal, Rivière Sainte-Marguerite, rue Hébert, rang Thibodeau, etc. En 1988, un comité de citoyens revendique la conservation d’un vieux moulin à vent érigé en 1808 par le charpentier-maçon Joseph Bourg pour le Sieur Étienne Leblanc. Jugeant son état délabré et son emplacement inadéquat, un groupe de bénévoles reconstruit fidèlement, avec les pierres d’origine, le bâtiment en 1993 près de l’École-Musée des Sœurs de l’Assomption et de l’Église paroissiale classée monument historique. En 2005, un projet conjoint France-Québec ajoute de la crédibilité à ces joyaux du patrimoine. Une exposition extérieure « Vision d’Acadie » où les photos saisissantes de François Poche de France et les textes sensibles et poétiques de Louis Caron du Québec ont réchauffé la fibre acadienne des nombreux visiteurs. Jeanne-D’Arc Hébert Comité du vieux moulin de Saint-Grégoire (secteur Bécancour)
|
|
|
|
|
|
|